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samedi 15 juin 2019

Oublier Klara d'Isabelle Autissier

Éditions Stock


4° de couverture 


Mourmansk, au Nord du cercle polaire. Sur son lit d’hôpital, Rubin se sait condamné.
Seule une énigme le maintient en vie : alors qu’il n’était qu’un enfant, Klara, sa mère, chercheuse scientifique à l’époque de Staline, a été arrêtée sous ses yeux.
Qu’est-elle devenue ?
 L’absence de Klara, la blessure ressentie enfant ont fait de lui un homme rude. Avec lui-même. Avec son fils Iouri. Le père devient patron de chalutier, mutique.
 Le fils aura les oiseaux pour compagnon et la fuite pour horizon. Iouri s’exile en Amérique, tournant la page d’une enfance meurtrie.
Mais à l’appel de son père, Iouri, désormais adulte, répond présent : ne pas oublier Klara !
Lutter contre l’Histoire, lutter contre un silence.
Quel est le secret de Klara ?
Peut-on conjurer le passé ?
Dans son enquête, Iouri découvrira une vérité essentielle qui unit leurs destins.
Oublier Klara est une magnifique aventure humaine, traversé par une nature sauvage.



 https://www.editions-stock.fr/livres/la-bleue/oublier-klara-9782234083134



Mon ressenti 




 Un magnifique roman écrit par Isabelle Autissier qui nous raconte plusieurs histoires, celle de Iouri, de son père Rubin et de sa grand-mère Klara disparue depuis longtemps.
 Iouri vit aux États-Unis, heureux dans sa vie de couple, il a la chance d’être Ornithologue et de profiter pour vivre sa passion et son amour pour les oiseaux.
Un jour suite à un appel d’Irina, il va devoir retourner au pays la Russie qui a bien changé depuis tout ce temps.
 Son père vit dans le grand nord, il y fait très froid alors préparez-vous à boire quelques verres de vodka pour vous réchauffer pendant cette aventure.
 Une belle description des changements et de l’évolution de ce pays qui il y a longtemps paraissait triste, gris et en souffrance face au manque de liberté.
 Son père Ruban, gravement malade va lui livrer quelques mots sur Klara sa grand-mère, il va commencer ses recherches afin de découvrir son histoire et celle de son grand père Anton qui paraît si invisible.
Pourquoi une scientifique et chercheuse dans les minerais est condamnée à une véritable descente en enfer ?
Vous le saurez en lisant ce roman très prenant.
Un retour dans leurs passés respectifs qui nous embarque dans leurs enfances, leurs souffrances et les moments pénibles remontent à la surface.
Une histoire enrichissante qui nous apprend beaucoup sur ce pays, ses cultures différentes et ses dirigeants communistes, sur la pêche dans une mer glaciale où la violence qui fait partie du quotidien.
Père et fils ont des choses à se reprocher mais c’est surement en lisant leurs histoires que l’on comprend beaucoup de choses:
Comment tous les trois, ont un lien puissant qui les unit.
Ce livre est merveilleux, il apporte beaucoup de connaissances sur divers sujets comme l’histoire, les oiseaux, la pêche, l’amour et les liens familiaux qui malgré les différences de certains doivent rester soudés.
 J’ai pris un grand plaisir à découvrir l’histoire de Klara et de sa famille et je ne regrette pas mon coup de cœur pour la couverture de ce roman, qui comme les oiseaux, nous emporte dans des contrés inconnues.
Il nous apprend tellement sur les choix que l'on fait dans nos vies et les répercutions qu'ils peuvent avoir dans l'avenir.
 Klara en lisant ce roman, on ne peut que l’admirer et ne jamais l’oublier.





 Auteur 





Isabelle Autissier est née à Paris le 18 Octobre 1956, elle est navigatrice française, première femme à avoir accompli un tour du monde en compétition.

Elle passe sa jeunesse à Saint Maur en région parisienne et découvre la voile en Bretagne dès l'âge de 6 ans.

En 1978, elle sort de l'École nationale supérieure agronomique de Rennes avec un diplôme d'ingénieur agronome (spécialisation en halieutique). En 1980, elle mène pour le compte du CORPECUM une recherche sur les langoustines et les gros crustacés. Cette activité de recherche se prolonge pour le compte de l'IFREMER, à La Rochelle sur les pêcheries du golfe de Gascogne. De 1984 à 1990, elle enseigne à l'École maritime et aquacole de La Rochelle.

En 1991, elle termine 7e au cours du BOC Challenge en réalisant l'exploit d'être la première femme à faire un tour du monde en course.
 C'est cette réussite qui la pousse à abandonner l'enseignement pour se consacrer entièrement à la course au large.

En 1996, elle participe au Vendée Globe à bord de PRB, mais est contrainte à l’abandon suite à la casse de son safran.

En 1999, au cours de la course en solitaire autour du Monde Around Alone (ex-Boc Challenge), elle chavire à 25 nœuds et son bateau reste à l'envers. Le skipper Giovanni Soldini viendra la sauver. C'est probablement cet accident qui accéléra la décision d'Isabelle Autissier d'abandonner les courses en solitaire. Elle continue néanmoins quelques courses en équipage.

Isabelle Autissier s'est également tournée vers l'écriture.
 Après plusieurs récits, essais, ainsi qu'un livret d'opéra, "Homo Loquax", elle publie en 2009 son premier roman, "Seule la mer s'en souviendra", l'histoire d'une supercherie en mer inspirée d'un fait réel – l'affaire Crowhurst en 1969. 

En décembre 2009, elle est élue présidente de la branche française du World Wide Fund for Nature.


 

Bibiographie:


  • Rendez-vous avec la mer, avec Antoine Le séguillon (Solar, 1996)
  • Une solitaire autour du monde, avec Éric Coquerel (Arthaud, 1997)
  • Kerguelen, le voyageur au pays de l'ombre (Grasset, 2006)
    prix Gens de Mer, remis lors du festival Étonnants voyageurs de Saint-Malo en 2006
    Prix du Cercle de la Mer 2006
  • Salut au Grand Sud, avec Erik Orsenna (Stock, 2006)
  • Versant océan : l'île du bout du monde avec Lionel Daudet (Grasset, 2008)
  • Seule la mer s'en souviendra, roman (Grasset, 2009)
    prix Amerigo Vespucci, remis lors du 20e festival international de géographie en 2009
    prix Livre et Mer, remis lors du salon du livre maritime de Concarneau de 2010
    Prix Vent du large, remis lors du salon du livre de mer de Noirmoutier
    prix Marine 2010 de l'Acoram
  • L’Amant de Patagonie (Grasset, 2012) — prix Maurice-Genevoix 2013
  • La terre pour horizon, Entretiens avec Isabelle Autissier, (Presses de l'Ile-de-France, 2013)
  • Passer par le Nord, la nouvelle route maritime (Éditions Paulsen, 2014) en collaboration avec Erik Orsenna
    prix Ptolémée de géographie, remis lors du 26e festival international de géographie en 2015
  • Soudain, seuls, roman (Stock, 2015)
  • Oublier Klara, Roman (Stock / Collection La bleue, 02/05/2019)

dimanche 9 juin 2019

Les gratitudes de Delphine de Vigan

Éditions JC Lattès



4° de couverture



<< Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ?
Un vrai merci. L'expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette.
A qui ?
On croit toujours qu'on a le temps de dire les choses, et puis soudain c'est trop tard. >>

Après Les loyautés, Delphine de Vigan poursuit dans les gratitudes son exploration des lois intimes qui nous gouvernent.



Mon ressenti 



  Michka  ne peut plus rester seule, dépendante depuis peu de temps, elle va devoir s'habituer à la vie en Ephad.
Avec le soutien de Marie sa  voisine et Jérôme son orthophoniste, elle va réussir à faire leurs faire passer quelques messages.

Elle va livrer quelques secrets, ses regrets et ses MERCI, qu’il ne faut pas garder en soi.  

De plus en plus difficile de parler sans se mélanger les pinceaux, saleté de maladie, Delphine de Vigan va nous raconter ses derniers moments, bons comme mauvais avec une bonne dose d'émotion à certains passages.

De plus en plus fatiguée, cette femme qui fut très bonne en français, ayant été correctrice d’un grand magazine, change ses mots, s’embrouille et se perd sauf dans ses rêves.

Je ne vais pas mentir mais j'ai versé quelques larmes à la fin et surtout ce roman m'a fait mal, car je pensais à ma grand-mère qui vit ses derniers moments dans une maison de retraite ayant aussi une saleté de maladie d’Alzheimer.

Sujet difficile qui fait mal au cœur, difficile de vieillir de nos jours mais c’est en restant présent et proche d’eux qu’on peut les accompagner dans ces moments pénibles.

Michka est une femme très attachante et touchante qui avec ses mots, nous laisse par nous même réfléchir sur nos paroles frustrées qui refusent de sortir, car le temps passe vite et parfois il est trop tard pour dire aux gens qu'on les aime où qu'on est là. 

Un roman que l’on doit lire, un sujet sensible mais qui nous met face à cette réalité car nous aussi un jour on sera un peu perdu comme Michka. 

 Alors profitons, aimons, chantons et dansons avant qu'il ne soit trop tard, la grande faucheuse ne prévient pas quand elle nous prend. 



Auteur



 



Delphine de Vigan est une romancière française.

Son premier roman, "Jours sans faim", est paru en 2001 aux éditions Grasset sous le pseudonyme de Lou Delvig, pour ne pas heurter sa famille.

En 2007, "No et moi" reçoit le Prix des Libraires. Ce "roman moral" à succès sur une adolescente surdouée qui vient en aide à une jeune SDF a été récompensé par le prix du Rotary International 2009 et par le Prix des libraires 2009. Il a été traduit en vingt langues et une adaptation au cinéma a été réalisée par Zabou Breitman, film sorti en novembre 2010.

En 2008, Delphine de Vigan a participé à la publication de "Sous le manteau", un recueil de cartes postales érotiques des années folles.

En 2009, elle a été récompensée par le "prix du roman d'entreprise," décerné par deux cabinets de conseil (Place de la Médiation et Technologia) avec le soutien du ministre du travail de l'époque Xavier Darcos, pour ses "Heures souterraines" (Jean-Claude Lattès) qui a également obtenu le prix des lecteurs de Corse en 2010. Le roman a été adapté pour Arte par Philippe Harel.

En 2011, elle obtient le prix du roman Fnac, le Prix Roman France Télévisions et le Prix Renaudot des Lycéens pour "Rien ne s'oppose à la nuit" ainsi que le grand prix des lectrices Elle 2012.

Toujours en 2011, elle co-scénarise le film de Gilles Legrand "Tu seras mon fils" avec Niels Arestrup et Lorant Deutsch.

En 2012, elle signe la préface de la BD de sa sœur Margot "Frangines, et c'est comme ça".

En 2015, elle a publié un nouveau roman "D'après une histoire vraie" couronné par le Prix Renaudot et le Prix Goncourt des Lycéens. Le roman est adapté pour le cinéma par Roman Polanski avec Éva Green et Émmanuelle Seigner.

Après son roman "Les loyautés", paru en 2018, elle continue à explorer les grandes valeurs humaines avec "Les gratitudes", paru en mars 2019.

Mère de deux enfants, elle vit avec le critique littéraire, reporter et animateur d'émissions culturelles de radio et de télévision, François Busnel.   (source Babelio)

samedi 8 juin 2019

Les planificateurs de Kim Un-Su

Éditions l'Aube Noire




4° de couverture  

 

 Derrière tous les assassinats qui ont marqué l’Histoire, il y a toujours eu des planificateurs. 
Ils se déplacent et agissent dans l’ombre des pouvoirs. En Corée du Sud, depuis l’époque de l’occupation japonaise, la bibliothèque des Chiens a été le trust le plus puissant de l’assassinat.
 Elle doit son nom étrange au fait que dans ce lieu personne ne lit, en dépit des quelque deux cent mille livres qui garnissent ses rayonnages. 
Enfant abandonné, Laesaeng a été adopté par père Raton-Laveur, le directeur de ladite bibliothèque. Après la démocratisation du pays, Hanja, autre fils adoptif de père Raton-Laveur et aîné de Laesaeng, fonde une entreprise de sécurité.
 Avec son diplôme de commerce et ses méthodes expéditives, Hanja gagne vite des parts de marché face à une bibliothèque vieillissante. 
La concurrence entre les deux entités mène inexorablement à la disparition de l’une d’entre elles...
Ce roman crépusculaire nous donne à voir une brillante orchestration d’assassinats made in Korea.



 Mon ressenti 



Ce polar n'est pas du tout ce que j'avais pensé en regardant la couverture, il y a une histoire écrite avec beaucoup de talent, un roman noir mais passionnant plein de philosophie de la vie. 
Avant les élections la Corée du Sud est teintée de rouge, il faut faire un grand ménage parmi les nuisibles.
L'auteur nous emporte dans son monde où les planificateurs ne sont pas que des tueurs à gage mais bien des hommes qui pensent, lisent et aiment aussi. 
Leasaeng à grandit dans une bibliothèque adopté par le père Raton-Laveur qui mène d'une main de fer ses planificateurs.
Leasaeng a beaucoup lu contrairement aux autres mais il réfléchit beaucoup au sens de sa vie, qu'il aurait voulue surement plus calme, à l’amour qu’il a fui un jour, ses regrets et ses douleurs à la perte de ses amis proches.
 Les livres, les couteaux et les pistolets  sont ses meilleurs atouts et heureusement qu’il est muni d’une bonne confiance en lui-même.  
Les vies qu’il a prises sont aussi un gros fardeau qu’il doit porter, une douleur qui le pèse parfois.
Dans ce polar on découvre sa vie, sa personnalité attachante mais aussi ses faiblesses.
Il y a depuis quelques temps quelques tensions entre le père Raton-Laveur et Hanja un de ses fils adoptif qui grimpe haut dans la société.
 Une guerre de clans éclate et Leasaeng va s’allier avec des personnes très atypiques pour mener à bien sa nouvelle mission afin mettre fin à ce carnage incessant.
  Une odeur de brulé vient s’installer durant les moments de deuil qui toujours avec respect pour les défunts leur donne un départ plus délicat et respectueux face à la mort.
 Ce roman c'est un peu comme le Ying et le yang, des moments calmes et inspirants puis des moments de haine et de violence très saignant tout ce que j'aime dans la littérature, un choc d'émotions différentes qui se mélangent très bien.
Je me suis plongée dans cette histoire passionnante et j'ai dévoré ce livre en deux jours, c'est du très bon je le conseille à ceux qui ne connaissent pas. 
Merci au club polar de la librairie Hisler de Metz.



Auteur  




 

Kim Un-su, né en 1972 à Busan (Corée du Sud), est déjà l’auteur de plusieurs nouvelles et roman multi-récompensés, notamment par le prestigieux prix Munhakdongne.
 Les planificateurs est son premier polar.

dimanche 2 juin 2019

Un bonheur sans pitié d' Eric Genetet

Éditions Héloïse d'Ormesson



4° de couverture 

<< Je n'aurais jamais imaginé devenir cette fille-là.
Personne ne peut comprendre pourquoi je ne le quitte pas, je l'ignore moi même.>>

Après quelques mois d'une passion enivrante et sans nuage, Marina sait qu'elle a enfin trouvé le bonheur avec Torsten.
Mais un jour, le masque se fissure et il révèle son vrai visage.
Emportée par ses sentiments, Marina pardonne inlassablement et  s'habitue à l'inacceptable, jusqu'à se perdre et sombrer.

Un bonheur sans pitié est le récit d'un amour insensé, incompréhensible et fatal.
Avec justesse et sensibilité, Eric Genetet raconte, sans jamais la juger, l'histoire d'un couple régi par une violence physique et morale qui engloutit leur existence et transforme leur union en prison.



Mon ressenti 









C’est un samedi comme d’habitude je vais à la librairie Hisler de Metz, il y a une rencontre avec l’auteur Éric Genetet qui vient à 15h dédicacer son dernier roman.
Je me mets activement à la lecture de Un bonheur sans pitié avant que l'auteur nous raconte comment lui ai venu l'idée de ce livre qui est tiré d'une histoire vraie mais romancé.
Pour ma part  impossible de le lâcher car le sujet m’interpelle beaucoup, je suis restée à lire jusqu’à 18h.
Je me suis complétement engloutie dans cette histoire très prenante et j’ai passé un excellent moment de lecture.
 J’étais dans un état second et énervée par les comportements des personnages dans ce récit, beaucoup d’émotions m’ont submergé. 
Chaque personnage raconte sa version de l'histoire.
C’est la première fois que je lis un livre devant l’auteur mais aussi car le sujet m’a frappé en plein cœur, il y a du vécu et du survécu.
Il fallait que je le lise ce livre car je me sentais un peu concerné par cette histoire qui touchera beaucoup plus la sensibilité des personnes ayant déjà eu une histoire d’amour où d’amitié  avec un pervers narcissique.
Comme il nous a expliqué c’est vrai que la victime est parfois aveuglée par son amour et parvient difficilement à se détacher de ces personnes toxiques et malades.
  Ce sont de très bons comédiens qui arrivent souvent à leur but, la destruction de l’autre, il l’étouffe à petit feu.
L’histoire de Marina était merveilleuse au début, romantique et passionnée  mais après quelques mois de bonheur, l’histoire va virer au cauchemar.
C'est a vous de découvrir leur histoire, je ne dévoile rien. 
Manipulation mentale, reproches, isolation, Torsten arrive à prendre emprise sur elle et à lui prendre tout son oxygène, elle va sombrer et devenir que l’ombre d’elle-même.
Je pense aussi que par manque d’amour on peut-être aussi coupable de ces situations pénibles et heureusement la vie fait qu’un jour on ouvre les yeux et on s’échappe loin de ces personnes négatives. il ne faut pas reproduire les boucles de la vie mais réussir à les casser afin d'aller de l'avant et de rester libre pour rencontrer un jour l'amour véritable.
On peut aussi rencontrer des gens aimant qui nous guérissent de ce passé qui nous a fait mal pendant longtemps.
Je ne peux que vous conseiller ce très bon roman qui m’a fait un bien fou et il m’a permis de mieux me comprendre. La littérature est la meilleure des thérapies.
Je pense aller découvrir les autres romans de cet auteur dont l'écriture est très prenante.



Auteur 







 Né en 1967, Éric Genetet vit entre Strasbourg et Paris.
 Il est l’auteur de Solo, Le Fiancé de la lune, Et n’attendre personne et Tomber (prix Folire et prix de la Ville de Belfort 2016).