Notre rendez-vous littéraire mensuel a une nouvelle fois été riche en découvertes, en émotions et en échanges passionnés autour de nos lectures du moment.
Marie nous a parlé du roman Le Livre d’Hannah de Géraldine Brooks, qu’elle a trouvé intéressant malgré quelques longueurs.
Envoûtant, foisonnant, un roman magistral, dont la construction éblouissante entremêle intrigue présente et échos du passé. Par la lauréate du prix Pulitzer 2006, une œuvre déjà culte outre-Atlantique, portée par la modernité d'une voix inoubliable ; une énigme littéraire qui nous plonge au cœur des périodes les plus tragiques de l'histoire ; un vibrant plaidoyer en faveur de la tolérance et de la transmission.
1996. Quand Hanna, jeune Australienne, restauratrice passionnée de manuscrits anciens, apprend qu'on veut lui confier la célèbre Haggadah de Sarajevo, elle sent qu'il s'agit de la chance de sa vie. Plus à l'aise en compagnie des livres que de ses contemporains, elle part à la rencontre de ce précieux manuscrit hébreu, ressurgi des Balkans en ruine. Au fil de minuscules indices, Hanna va peu à peu percer les secrets de ceux qui ont tenu entre leurs mains cet ouvrage sacré. De la jeune adepte de la Kabbale qui le sauve de l'Inquisition espagnole, à l'intellectuel musulman qui le soustrait à la menace nazie, en passant par le censeur vénitien qui le fait échapper à l'autodafé, une odyssée flamboyante dont Hanna s'apprête à écrire une nouvelle page, qui va la mener de désillusions en découvertes, de reconstruction en amour naissant, sur les traces de sa propre histoire... |
Elle a ensuite présenté La Maison vide de Laurent Mauvignier, Prix Goncourt, une très belle saga familiale à l’écriture remarquable. Cécile avait également lu ce roman auparavant et partageait cet avis positif.
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En 1976, mon père a rouvert la maison qu’il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans. À l’intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d’honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux. Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d’elles. Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J’ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre. |
Marie a aussi évoqué Kolkhoze d’Emmanuel Carrère, Prix Médicis, dans lequel l’auteur revient sur son enfance, son histoire familiale et la figure marquante de sa mère, Hélène Carrère d’Encausse.
Roman récompensé par le Prix Médicis 2025.
"Cette nuit-là, rassemblés tous les trois autour de notre mère, nous avons pour la dernière fois fait Kolkhoze." "Kolkhoze" est le roman vrai d'une famille sur quatre générations, qui couvre plus d'un siècle d'histoire, russe et française, jusqu'à la guerre en Ukraine. Emmanuel Carrère s'en empare personnellement, avec un art consommé de la narration qui parvient à faire de leur histoire notre histoire. |
Enfin, elle a lu Rappelle-toi de Harlan Coben, fidèle au suspense efficace de l’auteur.
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Il n'est jamais trop tard pour découvrir la vérité...
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Un banal voyage d'étudiant en Espagne. Un garçon, Sami ; une belle et ténébreuse jeune femme, Anna. Plage, soleil, folles soirées et une liaison passionnée... Et puis ce matin terrible : Sami se réveille dans une mare de sang, un couteau à la main, avec à ses côtés le corps sans vie d'Anna. Pris de panique, persuadé d'être un assassin, il s'enfuit...
Vingt-deux ans plus tard, rongé par la culpabilité, Sami vivote de petits boulots. Il traque les maris infidèles pour le compte d'avocats sans scrupules et donne des cours à un groupe d'apprentis détectives.
Un soir, une femme entre dans la salle de classe. Stupeur ! C'est Anna.
Comment est-ce possible ? Déterminé à percer le mystère, Sami se lance dans une course-poursuite de tous les dangers...
Deborah a beaucoup apprécié L’Inconnue du portrait de Camille de Peretti.
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« La toile vibrait de beauté. Elle en avait le souffle coupé et se noyait dans l’œil bleu ciel piqueté de vert. Est-ce qu’elle était réellement le sosie de cette inconnue ? » Peint à Vienne en 1910, le tableau de Gustav Klimt, Portrait d’une dame, est acheté par un collectionneur anonyme en 1916, retouché par le maître un an plus tard, volé en 1997 avant de réapparaître en 2019 dans les jardins d’un musée d’art moderne en Italie. Personne ne sait qui était la jeune femme représentée dans le tableau ni quels mystères entourent l’histoire mouvementée de son portrait. Des rues de Vienne en 1900 au Texas des années 1980, du Manhattan de la Grande Dépression à l’Italie contemporaine, Camille de Peretti imagine la destinée de cette jeune femme, ainsi que celles de ses descendants.
L’Inconnue du portrait offre un bonheur de découverte permanent. C’est un véritable thriller pictural, aussi énigmatique que le tableau de Klimt, la légende plus forte que la réalité. Jean-Rémi Barland, La Provence.
Camille de Peretti remplit d’une fiction lumineuse les zones d’ombre de l’histoire de l’art. Stéphanie Janicot, Notre temps.
Prix Maison de la Presse 2024 - Prix des romancières - Prix Nice Baie des Anges-Prix de la passion - Prix du roman Marie Claire. |
Elle nous a également présenté J’irai tuer pour vous d’Henri Loevenbruck, inspiré d’une histoire liée aux services secrets.
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Je suis la balle dans votre fusil. C'est vous qui tirez, c'est moi qui tue.1985. Alors que Paris est frappé par des attentats, Marc Masson, un déserteur, est rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l'État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d'une seule personne...Jusqu'à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d'État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu'à quel point la République est-elle prête à les défendre ?Des terrains d'opérations jusqu'à l'Élysée, des cellules terroristes jusqu'aux bureaux de la DGSE, Henri Loevenbruck raconte un moment de l'histoire de France - qui résonne particulièrement aujourd'hui - dans un roman d'une tension à couper le souffle. |
Muriel a lu deux romans de Françoise Boudin et de Bernard Werber : Un si bel horizon et La Valse des âmes.
Sur l'île de beauté, l'histoire d'une famille unie pour le meilleur et pour le pire...
Depuis plusieurs années, Lisandra Bartoli a repris les rênes de l'hôtel Bleu Azur à la suite de son époux, Ettore. Épaulée par deux de ses enfants, elle n'a jamais manqué d'énergie pour faire prospérer l'ancienne petite auberge corse du grand-père d'Ettore, jusqu'à obtenir, au fil des ans, sa quatrième étoile. Mais le travail en famille est parfois un défi plus difficile que toute autre entreprise. Si elle est consciente de vieillir et tente de laisser plus d'initiatives à ses enfants, Lisandra n'est pas prête à s'effacer. Surtout quand l'équilibre personnel du clan est menacé... |
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C’est une histoire d’amour qui a commencé il y a 120 000 ans. Eugénie Toledano et son âme sœur se sont retrouvées vie après vie, mais, chaque fois, les forces de l’obscurantisme les ont séparées. Aujourd’hui, alors que le monde est plus que jamais bouleversé, Eugénie espère enfin pouvoir savourer pleinement cet amour. Pour cela, et afin d’empêcher l’humanité de sombrer dans le chaos, il lui faudra retourner dans le passé pour y chercher les clefs du présent. Dans l’esprit de L’Empire des anges et de La Prophétie des abeilles, Bernard Werber nous entraîne dans un grand roman d’aventures et de passion à travers le temps.
Un roman plein de suspense et d’acuité politique. Hubert Artus, Lire magazine.
Bernard Werber est un explorateur de mots et un libre-penseur. Adeline Fleury, Le Parisien week-end. |
Elle a aussi lu de la littérature japonaise avec Tant que le café est encore chaud de Toshikazu Kawaguchi.
Le Café du temps retrouvé du même auteur.
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La légende raconte que dans un café tokyoïte très particulier une expérience unique vous est proposée : voyager dans le passé... Et certains veulent s’y essayer. Ainsi Gôtarô voudrait-il revoir un ami décédé il y a plus de vingt ans ; Yukio, dire à sa mère combien il aurait voulu être plus proche d'elle ; Katsuki, retrouver la jeune fille qu'il regrette de ne pas avoir épousée ; Kyioshi, un vieil enquêteur, offrir à sa femme le plus précieux des cadeaux... Véritable best-seller en France, traduit dans plus de trente pays, Tant que le café est encore chaud a touché les lecteurs du monde entier. La magie continue avec Le Café du temps retrouvé, un petit bijou d'émotion qui nous invite à savourer la vie au présent.
L’auteur a un talent pour donner à voir les moments de vulnérabilité des personnages. Une écriture simple et empathique. Le Monde.
Des histoires parfois déchirantes, parfois drôles, souvent touchantes. Un très beau moment de lecture. Page des libraires.
Traduit du japonais par Mathilde Tamae-Bouhon. |
Muriel a lu La Papeterie Tsubaki d’Ogawa Ito, des lectures pleines de douceur et de poésie.
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Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l'art difficile d'écrire pour les autres. Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l'encre, l'enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir?: elle calligraphie des cartes de vœux, rédige un mot de condoléances pour le décès d'un singe, des lettres d'adieu aussi bien que d'amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin. Et c'est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre de réconciliations inattendues." |
Cécile nous a parlé de Tant mieux d’Amélie Nothomb ainsi que de Le Rire du grand blessé de Cécile Coulon, une dystopie marquante. Elle nous a annoncé que l’autrice sera présente en dédicace au mois de juin à la librairie La Pensée Sauvage à Metz.
« Tant mieux : la version joyeuse du sang-froid » Amélie Nothomb
Pour la première fois, après son père dans Premier sang (2021) et Psychopompe (2023), Amélie Nothomb évoque sa mère, et le lien singulier qui les unissait.
Poignant. La Tribune Dimanche Percutant, prenant et jubilatoire. Le Parisien La romancière signe une œuvre poignante et intime où fiction et réalité se confondent, dressant le portrait bouleversant de sa mère et d'une enfance en résistance. France Info
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Dans un pays sans nom, les lectures publiques sont la garantie de l'ordre social. Les élus ont ainsi transformé un certain type de livres en outils de parfaite manipulation.1075 est, lui, analphabète. Pour exister, la Société ne lui propose qu'une issue : intégrer l'élite des Gardes au service du système. Ces jeunes gens ont pour unique règle de ne jamais apprendre à lire. 1075 devient le meilleur des Agents. Sa vie bascule pourtant le jour où il croise la route d'une institutrice... |
Sarah a présenté Naufrage en Patagonie, une bande dessinée historique relatant un naufrage à travers le témoignage d’un survivant. Elle me l’a gentiment prêtée et ce fut un véritable coup de cœur.
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En septembre 1740, une escadre anglaise quitte Portsmouth à destination des mers du Sud. Son chef, le Commodore Anson, a pour mission d'attaquer et piller les prospères colonies espagnoles du Chili et du Pérou. Après une longue et pénible traversée de l'océan Atlantique, les vaisseaux atteignent le cap Horn à la mauvaise saison et subissent une succession de tempêtes qui les dispersent durablement. Après avoir raconté l'histoire de l'escadre du Commodore Anson, les auteurs se penchent sur le destin tragique d'un des navires, le Wager, d'après les souvenirs de John Byron, aspirant à bord du bateau et l'un des rares survivants. Un grand récit historique au souffle épique. |
Amara a lu Émotions : les utiliser de manière positive de Christel Petitcollin.
Une lecture enrichissante qui a ouvert un échange intéressant autour de nos expériences personnelles. La discussion a ensuite dérivé sur des anecdotes vécues dans les trains : des histoires souvent improbables qui nous ont beaucoup fait rire.
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Les émotions font peur et sont mal acceptées dans notre société dite civilisée. Pour la plupart des gens, « gérer ses émotions » veut dire arriver enfin à les dompter, à les contrôler, et surtout à ne plus les ressentir ! Les émotions ne surgissent pas dans nos vies sans raison. Chaque émotion a une fonction, une information utile à nous transmettre sur notre vécu. C'est pourquoi « gérer ses émotions » n'implique pas de les contrôler et de les combattre mais au contraire, de savoir les accueillir et de tenir compte du message qu'elles véhiculent. |
Amara nous a également parlé des chroniques radiophoniques de l’auteur, Les Deux Minutes de Nicolas Turon.
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Pendant 3 saisons et demi sur France Bleu Lorraine Nord, NicolasTuron s'est appliqué à réveiller la Moselle puis la Côte d'Azur et la Touraine) avec le maximum de bêtises possibles: premier à secouer le cocotier politique, champion de mauvaise foi, roi du jeu de mots de derrière les fagots, éducateur de jeunes enfants, il a choisi de rassembler dans ce livre un florilège de ses meilleurs textes, illustrés brillamment par un autre as de la galéjade, Charlie Zanello! |
Enfin, elle a évoqué La mauvaise rencontre de Philippe Grimbert, un récit fort autour de la mauvaise rencontre et des blessures intimes.
Rien n’aurait dû séparer les deux garçons, croix de bois croix de fer, à la vie à la mort. Il n’y a pas eu de rivalités imbéciles, c’est autre chose qui les a déchirés, quelque chose qui était là depuis le début, mais que personne ne pouvait encore imaginer. P. G.
Par l’auteur d’Un secret. Un beau et grand récit de l’intime. Appelé à devenir un classique du genre. Serge Bressan, Le Quotidien. Philippe Grimbert […] publie aujourd’hui La Mauvaise Rencontre l’histoire d’une amitié passionnelle dans laquelle on retrouve toute sa délicatesse. Pascale Frey, Elle. Au fond, on dirait Stefan Zweig qui aurait suivi les cours de Lacan. Grégoire Leménager, Nouvel Observateur.
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Encore un très beau moment de partage, de découvertes et de convivialité autour des livres, dans la bonne humeur qui caractérise toujours nos rencontres aux Trois Lumières.
Pour ma part, je n’ai malheureusement pas eu de lecture à partager ce mois-ci, en raison d’un petit passage à vide psychologique qui m’a éloignée des livres pendant quelque temps.
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